Le traitement de l'information
Evidemment, il faudrait que me taise car je n'ai jamais vécu en banlieue (encore que j'ai été familier de Noisy-Le-Sec). En outre, que dire de plus sur ces nouvelles scènes de violence ? Tout d'abord, je suis étonné de constater à quel point les médias que sont « Le Monde », « Libération » et « La Croix » ont déjà tourné la page. Nicolas Sarkozy est tellement omniprésent qu'il a réussi à faire « oublier » ces événements pour mieux montrer sa détermination à favoriser le pouvoir d'achat. Donc, les médias s'adaptent à Nicolas Sarkozy, ou encore Nicolas Sarkozy fait l'information. C'est assez édifiant. Qui parlait de quatrième pouvoir en parlant de la presse ? En ce cas, on peut dire du président qu'il a dans sa poche un carré d'as : l'exécutif, le législatif (le Parlement est une chambre d'enregistrements), le judiciaire et les médias. Et avec ça, sa popularité décline : quelle ingratitude du peuple !
Le Baton ET la carotte
Alors, pour le consoler, je tiens à le remercier d'être ferme avec les jeunes des banlieues. Néanmoins, un homme politique se doit de manier le baton ET la carotte. Or, avec notre actuel président, on a l'impression de n'entendre que le baton. Refuser de voir dans les dernières émeutes une crise sociale, c'est faire preuve d'autisme.
A cet égard, j'avais trouvé regrettable, lors du débat opposant Nicolas Sarkozy à Ségolène Royal, que les banlieues ne soient jamais évoquées. Pourquoi la candidate n'ait-elle pas venu sur ce thème, là où l'échec de l'alors ministre de l'Intérieur était patent ? Parce qu'elle n'avait rien à proposer ? Ou parce qu'elle suivait son concurrent à la trace sur le thème de l'insécurité ?
Je rejoins Nicolas Sarkozy sur le fait que ce n'est pas en milliards d'euros que l'on peut juger si un plan pour les banlieues est bon ou non. Néanmoins, ce n'est pas non plus avec quelques
millions que l'on arrivera à quelque chose. En outre, l'Etat pourrait revenir à la police de proximité. Certes, ce serait implicitement reconnaître que Lionel Jospin avait raison. Cependant,
n'est-ce pas mieux que de persister dans l'erreur ?
L'esprit des Lois
Enfin, le président n'aurait-il pas pu laisser la justice accomplir son travail plutôt que d'assurer aux policiers agressés que les coupables iraient devant les assises ? C'est enlever toute assurance aux justiciables d'une indépendance de la justice. Quand je vois les avocats protester contre la réforme de la carte judiciaire, mais jamais manifester pour l'indépendance de leur pouvoir, je m'interroge. Ne devrait-on pas lire « Le Discours de la servitude volontaire » avant d'entrer à l'Ecole Nationale de la Magistrature ?
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