Avant toute chose, précisons deux ou trois points. Tout d'abord, je mets cet article en ligne parce que je suis un ancien étudiant de ce centre de formation. Ensuite, je connais Olivier Ihl. En
tant qu'ancien élu étudiant, je ne l'appréciais pas beaucoup. En effet, son ambition était démesurée. En outre, il était tellement embringué dans de nombreux projets de recherche que les
étudiants qui l'avaient en DEA ne semblaient pas être beaucoup épaulés. Il est devenu directeur de l'Institut d'Etudes Politiques de Grenoble, deux ou trois ans après mon départ de cette école.
Enfin, en ce qui concerne la loi sur la réforme de l'université, j'en dirai deux choses. Sur le fond, je trouve qu'elle va dans le bon sens. Sur la forme, je trouve dommage qu'on ait fait passer cette loi pendant l'été, sans aucune concertation avec les étudiants. C'est encore les prendre pour des idiots. En prenant le temps de rédiger cette loi et de la discuter, on aurait pu partiellement éviter une telle situation. Voilà pour ce que le lecteur doit savoir de ma « partialité ».
Maintenant, j'invite l'internaute à visionner cette vidéo, mise en ligne ici http://www.dailymotion.com/video/x3ma5t_deblocage-du-campus-de-grenoble-par_news
ainsi que l'argumentation d'Olivier Ihl, que l'on peut trouver sur son site www.olivierihl.fr
Je sais, pour en avoir connu, que certains étudiants d'extrême gauche, peuvent être violents et très provocateurs. Néanmoins, je vois une faute dans l'attitude d'Olivier Ihl. Selon moi, dans de telles circonstances, on ne frappe pas le premier. On peut utiliser la violence quand des faibles sont agressés par des forts. Là, ce n'était pas le cas.
Olivier Ihl indique que l'étudiant touché n'a rien eu ou presque. Il n'est pas crédible en avançant un tel argument. En effet, il n'était pas contre certaines violences envers les manifestants puisqu'on le voit brandir la menace des chiens. En outre, il frappe à deux reprises. Par deux fois, il aurait pu faire mal. Pour sûr, ce n'est pas son prédécesseur qui aurait agi ainsi.
En tout cas, à la place du CA de l'IEP, je demanderai sa démission. Que les élus étudiants fassent entendre leur voix à l'occasion de la prochaine réunion !
Pour info, on notera que « Le Monde » et « La Croix » n'ont rien dit de ces événements. Quant au « Figaro », on laissera le lecteur découvrir, avec consternation, comment le journal de Serge Dassaud, sénateur UMP, relate les faits, dans un article du 30 novembre intitulé « Grenoble: la police chasse les bloqueurs » :
« Une petite centaine de policiers a évacué ce matin les piquets de grève bloquant l'accès à deux sites du campus grenoblois: la galerie des amphis et l'Institut d'études politiques
(IEP).
Cette évacuation qui a commencé vers 7h30, sous les cris, a donné lieu à des bousculades mais pas de blessure importante.
Le premier site était bloqué depuis plusieurs jours, le second depuis le matin même.
Les étudiants désireux de reprendre les cours étaient filtrés, et devaient montrer leur carte. Vers 9h00, les cours avaient repris normalement à l'IEP.
Le directeur de l'IEP, Olivier Ihl, qu'il avait été alerté de l'arrivée d'étudiants bloqueurs par le concierge de l'établissement. Sur place, il a affirmé avoir été menacé, légèrement blessé à la
main et insulté par un groupe de jeunes gens se réclamant notamment de la fédération anarchiste et de la CNT. Il a décidé de porter plainte et menace les étudiants de l'IEP l'ayant insulté de
"mesures disciplinaires".
Sur le campus, où travaillent 45.000 étudiants, la situation restait confuse jeudi matin avec quelques amphis encore bloqués, d'autres fermés à la demande des présidences d'université voulant
éviter les dégradations et d'autres encore où les cours se déroulent normalement.
Source : AFP »
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