Deux ans ! C'est le temps qu'il m'a fallu pour donner à nouveau mon sang. J'invoquerai trois « excuses » qui m'ont empêché de le faire. La première réside dans un voyage de quinze jours
à Madagascar qui, de facto, m'a interdit tout don pendant six mois. Puis, l'Etablissement Français du Sang (EFS) à la Réunion a pris la décision d'interrompre tout prélèvement suite à l'épidémie
de chikungunya qui se généralisait, au début 2006. Enfin, après le rétablissement du don dans l'île, en juin 2007 (si mes souvenirs sont bons), j'ai eu, de mon côté, la joie de devenir papa, ce
qui m'a pris beaucoup de temps. Je ne souhaitais donc y retourner qu'en me sentant en bonne forme. C'était le cas hier et je suis très heureux d'avoir accompli ce geste qui dure, montre en main,
moins d'une dizaine de minutes.
Des conditions idéales
Non, je ne travaille pas en sous-main pour l'EFS de la Réunion. Néanmoins, j'ai été très agréablement surpris, hier, par l'accueil. La secrétaire est charmante. La docteur qui fait passer l'entretien médical écoute et c'est ô combien appréciable. L'infirmier a, comme on dit ici, « la tranche papaye », soit toujours le sourire aux lèvres, tout en étant prévenant et sérieux quand il le faut. Lorsqu'il m'a introduit la seringue dans la veine, je n'ai rien senti. Quand il l'a enlevé, même constat. Enfin, la dame qui m'a servi le café et la viennoiserie après le don était gentille.
Quant aux conditions techniques, comment ne pas se réjouir, dans le cas présent, de la climatisation ? Normalement, je suis contre un tel système dont on abuse par trop souvent (et qui est d'ailleurs abondamment utilisé lors de conférences sur le développement durable...). Cependant, lorsqu'il fait chaud dehors et que des personnes viennent se vider d'un demi-litre de sang, il est bon que la déperdition d'énergie par le corps ne soit pas en plus majorée par une trop forte température dans la salle de don. D'autre part, un écran de télévision assez gigantesque occupe l'esprit. Certes, la chaîne choisie hier s'appelait itv et passait toutes les sept minutes le même flash, d'où un côté un peu ennuyeux. Néanmoins, il suffit de demander à l'infirmier de changer de chaîne pour qu'il le fasse. Avec cet écran, on voit quand même le temps passer plus vite. Peut-être est-ce dû aussi au fait que, n'ayant pas de télévision, j'étais fasciné (si je puis dire) par cette télévision gigantesque.
Une nouveauté
Pour la première fois lors d'un don, la docteur m'a demandé si j'avais séjourné en Amérique latine ou centrale. Après lui avoir répondu par la négative, je me suis permis de lui demander pourquoi une telle interrogation. Elle m'a alors parlé de la maladie de Chagas. Celle-ci est une infection parasitaire transmise par un insecte. Pour les personnes qui souhaiteraient en savoir plus sur cette maladie, je recommande ce lien :
http://www.pasteur.fr/recherche/unites/tcruzi/minoprio/chagas.html
Un manque de donneurs
L'infirmier m'a indiqué que la Réunion n'était toujours pas autosuffisante en donneurs. C'est quand même un comble avec le nombre de sportifs que cette île compte. Si une partie seulement des coureurs du Grand raid venait donner de temps en temps, quel sang magnifiquement riche en oxygène recevraient tant de personnes dans le besoin !
Choses à savoir quand même
Décrivons quand même les deux ou trois choses qu'il faut savoir avant d'aller donner son sang. Tout d'abord, l'hôpital de Bellepierre reste ingarable. Il faut donc se résoudre à se parquer à environ un kilomètre pour avoir une place. Ensuite, il y a des jours où l'on peut donner son sang et d'autres où les équipes sont en collecte. Pour ne pas se tromper, autant appeler avant au 02 62 90 53 81
Enfin, pour en savoir plus sur le don du sang en tant que tel, et partant du principe que l'on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même, je vous invite à lire un article que j'avais réalisé pour Témoignages il y a quelques mois :
http://www.waitingfortheson.net/article-5233615.html
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