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    <title><![CDATA[Waitingfortheson]]></title>
    <link>http://choosepeace.over-blog.com/</link>
    <description>Les livres construisent et affaiblissent l'individu en rendant plus improbable ce qu'il croit. Voilà quelques ouvrages parcourus. Les libres propos viendront. </description>

        <language>fr</language>
    
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        <title><![CDATA[Waitingfortheson]]></title>
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    <pubDate>Fri, 02 Oct 2009 10:19:31 +0200</pubDate>    <lastBuildDate>Fri, 02 Oct 2009 10:19:31 +0200</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2009, Matthieu DAMIAN</copyright>            <category>Politique</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[L'archipel du Goulag d'Alexandre Soljenitsyne (Editions du Seuil, Paris, 1974, tome I)]]></title>
        <link>http://choosepeace.over-blog.com/article-17712591.html</link>        <description><![CDATA[J'ai pris dix pages de notes sur le premier tome de cet ouvrage, tant il m'a appris. Naturellement, j'ai choisi de ne retenir ici que certains des passages les plus marquants.
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    Alexandre Soljenitsyne a remporté le Prix Nobel de Littérature. Je recommande grandement cet ouvrage. Je dois concéder ne pas avoir lu le tome II. Je le lirai dans quelques temps. On ne lit pas
    les trois tomes de cette description du système totalitaire russe d'une traite. Il vaut mieux laisser du temps entre les ouvrages tant ce qu'on lit rend pessimiste.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    Dès la page 9, on peut lire, alors que les assassinats se chiffraient déjà par millions, cette déclaration de Krylenko lors du procès du <em>Parti industriel :</em>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    «&nbsp;Pendant la période de dictature et alors que de tous côtés nous étions entourés d'ennemis, nous avons parfois fait preuve d'une douceur, d'une mansuétude superflues.&nbsp;» (Krylenko,
    déclaration au procès du <em>Parti industriel</em>).&nbsp;»
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    Puis, il s'interroge : «&nbsp;<span style="">Comment fait-on pour gagner cet Archipel mystérieux ? Avion, train, bateau, à toute heure un moyen de transport est en marche qui y conduit, mais
    aucun d'eux ne porte de plaque de destination. Et les employés des guichets ou des agents des services de tourisme intérieur ou de l'Intourist seraient bien étonnés si vous leur demandiez un
    billet pour cet endroit-là. Aussi bien l'ensemble de l'Archipel que chacune de ces innombrables îles, ils ne les connaissent pas, ils n'en ont jamais entendu parler.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    Ceux qui se rendent dans l'Archipel pour administrer passent par les écoles du MVD.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    Ceux qui se rendent dans l'Archipel pour y être garde-chiourme sont recrutés par les commissariats militaires.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    Et ceux qui s'y rendent, comme vous et moi, pour y mourir, ami lecteur, pour ceux-là, il n'est qu'une voie, obligatoire et unique, l'arrestation.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    L'arrestation ! Est-il besoin de dire que c'est une cassure de toute votre vie ? Un coup de tonnerre qui tombe de plein fouet sur vous ? Un ébranlement moral insoutenable, auquel certains ne
    peuvent se faire, qui basculent dans la folie ?
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    Le monde recèle autant de centres qu'il compte d'êtres vivants. Chacun de nous est le centre du monde, et l'univers se fend en deux lorsqu'on vous jette dans un sifflement : «&nbsp;Vous êtes
    arrêté !&nbsp;» (....) <strong>Mais, leur cerveau enténébré les rendant incapables de comprendre ces déformations de l'univers, les plus subtils comme les plus simplets d'entre nous restent
    bouche bée, et de l'expérience de toute une vie ne trouvent rien d'autre à extraire que : «&nbsp;Moi ?? Pourquoi ??&nbsp;» - question répétée des millions et des millions de fois avant nous et
    qui n'a jamais reçu de réponse.&nbsp;»</strong> (p10)
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    A la page suivante, on lit : «&nbsp;Une arrestation traditionnelle, c'est encore autre chose, après le départ du pauvre hère que l'on vient de prendre : c'est, des heures durant, dans votre
    appartement, une force qui crochète, qui éventre, qui arrache et jette ce qui pend aux murs, qui vide armoires et tiroirs de leur contenu, qui secoue, qui éparpille, qui découpe, et des montagnes
    de choses qui s'entassent par terre, et les bottes qui crissent. Et il n'est rien de sacré lors d'une perquisition ! Lorsqu'on vint arrêter le mécanicien de locomotive Inochine, il y avait dans
    sa chambre un petit cercueil contenant le corps de son enfant qui venait de mourir. Nos <em>juristes</em> jetèrent l'enfant hors du cercueil, les recherches s'étendirent jusque-là.&nbsp;»
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    C'est dire la densité d'écriture. Cette tension est maintenue tout au long du premier tome ou presque.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    On lira aussi : «&nbsp;Des dizaines d'années durant, le trait distinctif des arrestations politiques a justement consisté chez nous à s'emparer de gens qui n'avaient commis aucune faute et que
    rien, partant, ne prédisposait à la résistance. Il s'était instauré un sentiment général de fatalisme, on avait l'idée – assez juste, du reste, étant donné notre système de passeport intérieur –
    qu'il était impossible d'échapper au Guépéou-NKVD. Au plus fort, des épidémies d'arrestations, quand les gens, partant pour leur travail, faisaient chaque jour leurs adieux à leurs familles car
    ils ne pouvaient être assurés d'être de retour le soir, même alors, presque personne ne prit la fuite (il y eut quelques rares cas de suicides). C'est tout ce qu'on leur demandait. A mouton
    docile, loup glouton.&nbsp;» (pp. 15-6)
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    Dans le même ordre d'idées, l'auteur avance : «&nbsp;«&nbsp;La résistance ! Où donc a-t-elle eu lieu, votre résistance ?&nbsp;», ainsi se font aujourd'hui morigéner ceux qui ont souffert par ceux
    qui ont eu de la chance. Oui, c'est à partir de là qu'elle aurait dû débuter. Il n'y eut pas de début.&nbsp;» (p19)
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    En relisant mes notes, je m'aperçois qu'il faudrait tout conserver, tout donner à lire, et pourtant je sabre encore. Voilà, un nouveau passage : «&nbsp;Olga Tchavtchavanadzé raconte le
    déroulement des faits à Tbilissi : en 1938, on arrêta le président du comité exécutif municipal, le vice-président, tous les chefs de service (au nombre de onze), leurs adjoints, tous les agents
    comptables principaux, tous les directeurs des services économiques. Puis, on en nomma de nouveaux. Deux mois s'écoulèrent. Et voici que derechef on arrêta : le président, le vice-président, tous
    les chefs de service (au nombre de onze), tous les agents comptables principaux et tous les directeurs des services économiques. Restèrent en liberté : les comptables subalternes, les dactylos,
    les femmes de ménage, les coursiers...&nbsp;» (p57)
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    Il faut lire les pages 58 et 59 qui sont d'une intensité telle qu'il aurait fallu les recopier dans leur quasi totalité. Plus loin, en p.77, Alexandre Soljenitsyne note :&nbsp;«&nbsp;Quelles
    qu'aient été les années et les décennies, une instruction ouverte en vertu de l'article 58 n'a PRESQUE JAMAIS eu pour objet la découverte de la vérité, mais s'est toujours réduite à une opération
    inévitable et nauséabonde : prendre un homme à peine arraché à la liberté, parfois fier, toujours impréparé, le courber, (...).&nbsp;» Dans le même ordre d'idées, il poursuit : «&nbsp;Personne ne
    sait de quoi on l'accuse ; impression générale : on arrête sans motif. Dans toute la cellule, une seule femme sait pourquoi elle est là : c'est une socialiste-révolutionnaire. Première question
    de Iagoda : «&nbsp;Pour quelle raison êtes-vous ici ?&nbsp;» - c'est-à-dire, donnez vous-même des arguments, aidez-nous à fabriquer votre affaire. Et l'on raconte EXACTEMENT LA MEME CHOSE du
    Guépéou de Riazan en 1930 ! L'impression générale est que tout le monde a été coffré sans raison. Les chefs d'accusation faisaient à ce point défaut que I.D.T... va se voir accuser de... porter
    un faux nom. (...).&nbsp;» (p 78)
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    Revenant sur la résistance de quelques-uns, l'auteur écrit : «&nbsp;Les commissaires instructeurs se relayaient, s'assemblaient, agitaient leurs poings sous le nez de la vieille, mais elle leur
    répliquait : «&nbsp;Vous ne pouvez rien contre moi, même si vous me coupez en morceaux. Vous avez peur de vos chefs, vous avez peur l'un de l'autre, vous avez même peur de me tuer. (Ils
    perdraient la filière.) Mais moi, je n'ai peur de rien ! Je suis prête à l'instant même à répondre devant le Seigneur !&nbsp;»
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    Il y avait, oui, en 1937, des gens qui, après l'interrogatoire, ne revenaient pas dans la cellule chercher leur baluchon. Qui avaient choisi la mort, mais n'avaient déposé contre personne.&nbsp;»
    (p 102)
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    Alexandre Soljénitsyne est lucide. Il note : «&nbsp;Je me targuais du désintéressement et d'esprit de sacrifice, alors que j'étais prêt à devenir bourreau. Et si je m'étais retrouvé dans une
    école du NKVD sous Iéjov, peut-être aurais-je été à point sous Béria ? Que le lecteur referme ici ce livre s'il en attend une accusation politique. Ah, si les choses étaient simples, s'il y avait
    quelque part des hommes à l'âme noire se livrant perfidement à de noires actions (...).&nbsp;» (p 127)
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    Il raconte l'histoire d'Andreï Andreïevitch Vlassov qui devient général de brigade de l'armée rouge et qu'on laisse crever parce qu'il a fait une trop grande percée contre les nazis. Il passe
    alors du côté allemand.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    «&nbsp;Au milieu de la débâcle générale, sans l'accord de l'Oberkommando, Vlassov, à la fin du mois d'avril, rassembla deux divisions et demie de ses troupes devant Prague. Il apprit alors que le
    général SS Steiner s'apprêtait à détruire la capitale tchèque, pour ne pas la rendre intacte. Et Vlassov donna l'ordre à ses divisions de passer du côté des Tchèques insurgés. Et toute la
    rancoeur, toute l'amertume, toute la hargne que trois années de cruauté et d'absurdité avaient accumulées contre les Allemands dans ces poitrines russes en servitude, ces hommes s'en libérèrent à
    présent en attaquant les Allemands : ils les boutèrent par surprise hors de Prague. (Les Tchèques ont-ils tous compris par la suite, QUELS Russes avaient sauvé leur ville ?&nbsp;» (p191). Puis,
    l'auteur raconte comment cette armée de 90000 hommes a été livrée par Roosevelt et Churchill à Staline tout en sachant très bien de qu'il allait en faire.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    Le passage qu'il consacre à Staline dans les pages 292 à 295 est éloquent. Il est presque admiratif de la façon avec laquelle «&nbsp;l'homme de fer&nbsp;» a éliminé tous ses concurrents. Plus
    loin, il écrit, toujours à propos de Staline :&nbsp;«&nbsp;Dans une maison que je connais, où vivent d'anciens <em>z/k</em>, on observe le rite suivant : le 5 mars, jour de la mort de l'Assassin
    en chef, on dispose sur les tables les photos des victimes, fusillées ou mortes dans les camps, quelques dizaines, celles qu'on a réussi à rassembler. (...) Si seulement on le faisait partout !
    Pour que nous puissions garder de la mort de tous une cicatrice sur le coeur. Pour que tout de même, ils ne soient pas morts EN VAIN.&nbsp;» (p 316)
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    L'auteur reprend vite sa litanie de notes désespérantes sur le système totalitaire soviétique. Ainsi peut-on lire : «&nbsp;Qu'il soit permis ici de consacrer une brève note à la petite Zoé
    Vlassov, alors âgée de huit ans. Elle aimait follement son père. Il lui devint impossible de rester à l'école (les autres la harcelaient : «&nbsp;ton papa est un nuiseur !&nbsp;») Elle sortait
    les griffes : «&nbsp;mon papa est gentil !&nbsp;» Elle ne survécut qu'un an au procès (elle n'avait jamais été malade auparavantà et de toute cette année-là ELLE NE RIT QU'UNE SEULE FOIS. Elle
    allait toujours tête basse et les vieilles prédisaient : «&nbsp;Elle regarde la terre, elle mourra bientôt.&nbsp;» Elle fut emportée par une méningite et dans son agonie, elle ne cessait de crier
    : «&nbsp;Où est mon papa ! Rendez-moi mon papa !&nbsp;» Quand nous comptons les millions d'hommes qui périrent dans les camps, nous oublions de faire la multiplication par deux, par
    trois...&nbsp;» (p307)
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    Nous sommes tout à fait d'accord avec ce passage : «&nbsp;Nous avons l'habitude de n'estimer que le <em>courage militaire</em> (celui aussi qui vole dans le cosmos), le courage qui s'accompagne
    du tintement des décorations. Mais l'autre courage, le courage <em>civique</em>, nous l'avons oublié, or c'est lui et lui seul qui est nécessaire à notre société, c'est lui et lui seul qui nous
    fait défaut.&nbsp;» (pp. 329-330)
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    On croyait avoir tout lu. Et pourtant, le récit de l'arrivée au camp, en Sibérie, est, là aussi, éloquent :
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    «&nbsp;Mais que croyez-vous donc ? C'est bon pour les chevaux de s'arrêter et de se soulager ! Les chiens, eux aussi, doivent aller à l'écart et lever la patte contre une palissade. Mais nous,
    les hommes, nous pouvons faire nos besoins tout en continuant de marcher. Pourquoi nous gênerions-nous ? Ne sommes-nous pas dans notre patrie ? Cela sèchera à l'étape.&nbsp;» (p 372).
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    Ou encore : «&nbsp;Tenez, Ivanovo, ce n'est pas une prison de transit très renommée, mais interrogez donc ceux qui y ont été engermés pendant l'hiver 37-38... La prison n'était PAS CHAUFFEE et on
    n'y gelait pas, au contraire : on couchait déshabillés sur les planches d'en haut. On avait fait sauter toutes les vitres pour ne pas être asphyxiés. La cellule 21 devait abriter vingt détenus,
    or ils étaient TROIS CENT VINGT-TROIS. Il y avait de l'eau par terre sous les châlits, des planches alignées dans l'eau sur lesquelles on couchait. C'est justement là que les fenêtres brisées
    envoyaient le froid. Pour tout dire, en bas, sous les châlits, c'était la nuit polaire. Il n'y avait aucune lumière, ceux qui étaient allongés et ceux qui se tenaient debout entre les châlits
    masquaient tout le jour. Il était impossible de se frayer un chemin dans le passage pour aller à la tinette, il fallait s'agripper aux extrémités des châlits. On ne distribuait pas la nourriture
    à chacun des détenus, mais par groupes de dix. Si l'un des dix mourait, on le fourrait sous le châlit et on l'y gardait jusqu'à ce cadavre empestât. Ainsi pouvait-on continuer à toucher sa ration
    pendant quelque temps.&nbsp;» (p 377)
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sat, 15 Mar 2008 06:48:00 +0100</pubDate>        <guid >http://choosepeace.over-blog.com/article-17712591.html</guid>
                <category>L'arrêt public des livres</category>        <comments>http://choosepeace.over-blog.com/article-17712591-6.html#c</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA["Obscénité franco-tchadienne" par Jean-François Bayart]]></title>
        <link>http://choosepeace.over-blog.com/article-16611532.html</link>        <description><![CDATA[Deux points avant de mettre en ligne cet article daté du 13 février 2007;<br>
  1° Cet article est une exception. J'ai juste beaucoup aimé ce papier et je tenais à le faire partager.<br>
  2° J'ai toujours eu beaucoup d'admiration pour Jean-François Bayart. C'est confirmé.<br>
  <br>
  <p class="firstLine">
    <span class="dropcap">I</span>driss Déby a pris le pouvoir par les armes en décembre 1990. Il venait de Libye et du Darfour et avait bénéficié de l'aide militaire française pour chasser Hissène
    Habré, devenu embarrassant. Il a persisté dans son être présidentiel jusqu'à aujourd'hui à grand renfort de combats, de répression, de fraudes électorales, de manipulations constitutionnelles.
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
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    <center>
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if ( undefined !== MIA.Pub.OAS.events ) {
   MIA.Pub.OAS.events["pubOAS_middle"] = "pubOAS_middle";
}
</script>Pillant sans ambages les ressources de l'économie nationale, bafouant les accords signés avec la Banque mondiale quant à l'utilisation de la rente pétrolière, impliqué dans la contrebande
avec l'Arabie saoudite, spéculant contre sa propre monnaie à l'approche de la dévaluation du franc CFA, en janvier 1994, grâce aux informations dont il bénéficiait en sa qualité de chef d'Etat,
éclaboussé par un trafic de faux dinars de Bahreïn, il a néanmoins joui du "soutien sans faille" de la part de la France. Les rebelles qui veulent maintenant le renverser sont eux-mêmes issus de son
entourage et ont donc longtemps bénéficié des sollicitudes de Paris avant de trahir un maître désormais moins partageux.
  <p>
    Nicolas Sarkozy a doublé la mise. Au risque de finir de s'aliéner ses partenaires européens qui déjà redoutaient le dévoiement de la force européenne (Eufor), il a engagé dans les combats des
    officiers d'état-major, le 1<sup>er</sup> février, et des éléments du commandement des opérations spéciales (COS), le 2. Il a ensuite livré des armes le 4 février via la Libye, dont le dirigeant
    avait été reçu en décembre 2007 à Paris avec les égards que l'on sait. Le 6 février, le ministre de la défense, Hervé Morin, s'est rendu à N'Djamena pour réitérer le <em>"soutien sans
    faille"</em> de la France au président Déby, et, pour que chacun comprenne le message, il s'est fait photographier l'oeil dans le viseur d'une arme automatique.
  </p>
  <p>
    A quelques mois de la présidence française de l'UE, le coût diplomatique de ce choix sera élevé. Politiquement, et sans doute militairement, il sera payé en pure perte puisque le régime tchadien
    est exsangue et n'est plus qu'un miraculé du COS. Tôt ou tard, il sera remplacé par l'un de ses clones, avec ou sans l'aide du Soudan. Les livraisons d'armes nourriront la reprise de la guerre
    dans l'est du Tchad et au Darfour, voire en Centrafrique. Jusque-là, cette politique absurde reste dans la continuité des années 1990-2000. L'habillage onusien ex-poste de l'intervention
    française ne constitue pas non plus une rupture, quoi qu'en dise l'Elysée. Jacques Chirac et Dominique de Villepin étaient déjà parvenus à vêtir de la sorte l'opération "Licorne" en Côte
    d'Ivoire, quelques semaines après son déclenchement.
  </p>
  <p>
    Non, la vraie rupture est ailleurs : dans la pornographie de la mise en scène, inédite dans une "Françafrique" qui pourtant n'a jamais été bégueule en la matière. Pour tenir sa promesse vantarde
    d'arracher aux griffes de la justice nègre L'Arche de Zoé, Nicolas Sarkozy a, dans les faits, troqué la grâce de six criminels humanitaires français contre l'arrestation musclée des quatre
    principaux leaders de l'opposition légale tchadienne, signataires de l'<em>"accord politique global visant à renforcer le processus démocratique"</em>, paraphé le 14 août sous les auspices de
    l'Union européenne.
  </p>
  <p>
    Certes, Hervé Morin a dit vouloir se préoccuper de ceux-ci dès que la situation le permettrait. Mais deux, quatre, huit jours à 220 volts, sous le fouet ou en balançoire, c'est long, monsieur le
    ministre. Si tant est que ces hommes soient toujours vivants. Et sans parler de leurs militants, raflés dans les quartiers de N'Djamena, emprisonnés, torturés, voire exécutés, dans les heures et
    les jours qui ont suivi le miracle du COS. Paris n'a pas su, ou pas voulu, monnayer son intervention contre le respect du pluralisme et des droits de l'homme. Le ton martial du président Déby
    indique que la chasse aux démocrates (et non seulement aux rebelles) est ouverte. Son cynisme laisse présager le pire : <em>"Je ne m'occupe pas du tout de ces détails que nous verrons plus
    tard"</em>, a-t-il déclaré à propos des quatre disparus.
  </p>
  <p>
    Tout comme Juvénal Habyarimana après l'offensive du Front patriotique rwandais en octobre 1990, il a utilisé et continuera d'instrumentaliser l'attaque militaire dont il a été l'objet pour se
    retourner contre l'opposition légale avec la caution de la France et pour mettre hors d'état de nuire les mouvements qui auraient pu contribuer à une sortie politique du conflit armé. Sur le
    terrain, les troupes françaises collaboreront avec des homologues tchadiens coupables d'assassinats politiques, comme au Rwanda quinze ans auparavant, même si les deux situations ne sont en rien
    comparables. A l'Europe, il est signifié ce que valent ses auspices, et celle-ci, au demeurant, se couche.
  </p>
  <p>
    Le plus sordide reste à venir sur nos écrans de télévision. La grande joie de la nation saluant la libération de ses humanitaires égarés, mais trop injustement punis par la justice nègre,
    occultera définitivement le sauvetage militaire d'un pouvoir prédateur et meurtrier au prix de l'annihilation de son opposition légale. Le discours de Nicolas Sarkozy sur l'Afrique, depuis son
    élection, nous a préparés à cette arithmétique : six coupables blancs valent quatre innocents noirs, et le sort de centaines de victimes anonymes envoyées ad patres par des munitions françaises
    est un non-événement puisque les médias l'ont tu et que ces morts n'appartiennent pas à l'histoire. Obscène.
  </p>
  <p>
    Néanmoins, cette obscénité n'est pas qu'une faute de goût de la part d'un président qui décidément n'en a guère. Annoncée par le discours de Dakar et par le mépris affiché à l'endroit de la
    justice tchadienne, elle entachera définitivement son action au sud du Sahara pour le restant de sa carrière politique. Elle souille la compétence et le dévouement des serviteurs de l'Etat qui
    vaille que vaille oeuvrent aux relations franco-africaines dans un contexte difficile. Elle compromet le travail et la sécurité des entreprises et des ONG de notre pays, qui sont actives sur le
    continent. Elle plonge dans la honte et la colère les Français et les Africains qui se font une autre idée de la République et hésitent désormais à se regarder dans les yeux.
  </p>
  <hr>
  <p>
    <strong>Jean-François Bayart</strong> est directeur de recherche au CNRS.
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p><br>
  3°<br>
  <br>
  http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/02/12/obscenite-franco-tchadienne-par-jean-francois-bayart_1010332_3232.html<br>]]></description>
        <pubDate>Wed, 13 Feb 2008 18:28:00 +0100</pubDate>        <guid >http://choosepeace.over-blog.com/article-16611532.html</guid>
                        <comments>http://choosepeace.over-blog.com/article-16611532-6.html#c</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[This is the End]]></title>
        <link>http://choosepeace.over-blog.com/article-15822770.html</link>        <description><![CDATA[<p style="margin-bottom: 0cm;">
    Cela fait un mois que je n'ai plus ajouté d'articles sur mon blog. A mon grand étonnement, j'ai pu constater qu'il y avait autant de visites en l'absence de nouveaux papiers que lorsque j'en
    ajoutais un quotidiennement.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    J'ai attaqué mon nouveau travail le 3 janvier. Il demande du temps. Quant à ma fille, elle en demande beaucoup aussi. C'est pourquoi, je ne peux que prendre la décision d'arrêter ce blog.
    Peut-être y ajouterais-je un ou deux articles de temps en temps ? Actuellement, je n'y pense guère.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Pourtant, il y aurait tant d'articles à écrire, que ce soit sur : les derniers ouvrages que j'ai parcourus; la décision scandaleuse de noter M. Brice Hortefeux au nombre d'étrangers sans papiers
    reconduits à la frontière ; mon nouveau travail, etc.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Je me remettrai à écrire quand j'en aurai le temps, donc quand je serai à nouveau au chômage (espérons dans très longtemps) ou quand mes enfants auront grandi.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    En tout cas, je remercie encore une fois tous ceux qui ont pris le temps de venir régulièrement sur ce site. Je souhaite également à tous les lecteurs une année 2008 qui soit heureuse mais aussi
    courageuse.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    MD
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sun, 20 Jan 2008 12:38:00 +0100</pubDate>        <guid >http://choosepeace.over-blog.com/article-15822770.html</guid>
                        <comments>http://choosepeace.over-blog.com/article-15822770-6.html#c</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Trêve de fin d'année]]></title>
        <link>http://choosepeace.over-blog.com/article-14701030.html</link>        <description><![CDATA[Chère lectrice, cher lecteur,
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Je ne mettrai plus d'articles sur ce blog d'ici au début janvier. D'autre part, à partir de 2008, la fréquence des «&nbsp;papiers&nbsp;» devrait être moins élevée et même ne pas dépasser un par
    semaine voire moins. En effet, je commence un travail à partir du 3 janvier. Cela pose la question de la continuation de ce blog. Dès la fin du mois de janvier, le lecteur en saura plus.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Avant de passer aux voeux, je recommanderai juste «&nbsp;Contours du jour qui vient&nbsp;» de Leonora Miano, paru aux éditions Plon. Cet ouvrage ressemble un peu à «&nbsp;Everything good will
    come&nbsp;» que j'ai décrit il y a quelques mois sur ce blog. J'ai beaucoup apprécié l'histoire, même si elle est parfois cruelle.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Je souhaite à toutes celles et à tous ceux qui ont eu la gentillesse de me lire, de passer de très bonnes fêtes de fin d'année.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    MD
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 18 Dec 2007 03:37:00 +0100</pubDate>        <guid >http://choosepeace.over-blog.com/article-14701030.html</guid>
                        <comments>http://choosepeace.over-blog.com/article-14701030-6.html#c</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[« L'acte inconnu » de Valère Novarina]]></title>
        <link>http://choosepeace.over-blog.com/article-14672050.html</link>        <description><![CDATA[<p style="margin-bottom: 0cm;">
    <br>
    <br>
    J'ai pu me rendre au théâtre, vendredi soir, pour la première fois depuis que je suis devenu papa, il y a plus de sept mois maintenant. J'ai vu «&nbsp;L'acte inconnu&nbsp;» de Valère Novarina, au
    théâtre du Grand-Marché à Saint-Denis.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Je ne parlerai pas longuement de cette pièce. En effet, pour écrire un papier intéressant, il aurait fallu que je revoie cette oeuvre ou que je lise le texte (édité aux éditions P.O.L.). Tout ce
    que je peux en dire, c'est que j'ai beaucoup apprécié cette oeuvre. Bien sûr, je lui ai trouvé des longueurs. Evidemment, il attaque un peu trop le christianisme à mon goût. Assurément, il est un
    peu trop dans le «&nbsp;naming&nbsp;», cette pratique qui consiste à truffer son histoire de références culturelles pour qu'un certain public s'y retrouve.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Néanmoins, pourquoi ne pas dire que son texte aborde des thèmes essentiels, au final, malgré l'apparente dispersion du propos ? Comment ne pas saluer aussi le travail sur la forme, avec une mise
    en scène originale réalisée par Valère Novarina lui-même ? Et les acteurs, les acteurs, ceux qui portent la parole, ceux qui donnent vie aux mots, sont magnifiques : leur performance est double,
    par leur jeu et par leur mémoire !
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Pour donner une petite idée de ce qu'est le spectacle, mettez des propos grotesques à la «&nbsp;Ubu Roi&nbsp;», ajoutez des scènes dignes des «&nbsp;Monthy Pithon Flying's Circus&nbsp;», des
    énumérations de peuples propres à celles qui scandent certains passages de la Bible pour montrer que le message divin s'adresse à tous, des caricatures savoureuses des populistes ou des
    communicants, l'intervention d'un homme parlant des pouvoirs économiques proches de celles de Jean-Pierre Gaillard, «&nbsp;le&nbsp;» journaliste ultra-libéral de France Inter, etc.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Derrière ces scénettes décousues, Valère Novarina offre une vraie réflexion sur la vérité, sur la mort, sur l'absurdité de la vie qui passe. Evidemment, c'est parfois déroutant tant il y a de
    questions et si faibles sont, apparemment, les réponses. Au final, on peut lire, en filigrane, que la vie est telle une pièce de théâtre : il faut jouer son rôle et même le faire avec truculence,
    sans jamais oublier la mort.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Que le lecteur en apprenne plus sur l'auteur de cette pièce en lisant cette belle interview trouvée sur ce site : http://www.theatre-contemporain.net/Entretien,2476
  </p>
  <h2>
    Entretien avec Valère Novarina
  </h2>
  <p>
    <strong><em>Pensez-vous encore aujourd’hui, comme vous l’avez écrit dans Devant la parole, que “Le théâtre est un art tranchant, froid, sans vérité et sans témoignage”&nbsp;?</em></strong>
  </p>
  <p>
    <strong>Valère Novarina</strong>&nbsp;: J’écrivais ceci à propos de L’<em>Opérette imaginaire</em>, un de mes textes les plus cruels. Aujourd’hui je dirais que le théâtre témoigne de la vérité et
    non du mensonge, qu’il n’est pas le lieu du simulacre mais qu’il est le lieu de l’accord juste entre l’acteur, le texte et l’endroit de la représentation. Il n’y a pas trente-six façons ou
    trente-six solutions pour donner à entendre le théâtre. Il n’y a qu’un seul endroit où le croisement est juste entre le corps de l’acteur et le texte qui est dit. Il n’y a qu’une façon d’être
    vrai quand il y a cet accord entre les éléments qui constituent la représentation théâtrale. L’incarnation par l’acteur ne suffit pas, il est indispensable qu’il y ait accord avec le lieu où se
    déroule la représentation.
  </p>
  <p>
    <strong><em>Et en ce qui concerne le témoignage&nbsp;?</em></strong>
  </p>
  <p>
    En grec les témoins de la vérité sont les martyrs. L’acteur n’est pas un martyr mais il s’engage par le corps, c’est lui qui donne la preuve du texte. En respirant l’acteur accepte de faire
    advenir ce que l’auteur a écrit sur le papier. Ce qui est encore plus extraordinaire c’est que l’acteur doit aussi manger le texte, jusqu’au bout, dans une sorte d’ingestion totale. Voilà
    pourquoi aujourd’hui je pense qu’il ne peut y avoir qu’une seule façon de faire entendre le texte avec justesse, qu’il n’y a pas de papillonnements possibles. Cette façon unique ne se modifie
    chaque soir que parce qu’il y a chaque soir un public différent et qu’il ne peut y avoir reproduction mécanique soir après soir. Mais il n’y a qu’une version possible, une seule façon d’être vrai
    qui peut se nuancer. Les acteurs n’ont pas vraiment de choix face à la plénitude d’un texte pour le faire entendre. Le texte est compréhensible par la chair, par l’incarnation, par la langue,
    irriguée par le souffle de l’acteur, et uniquement parce qu’il y a un passage par du “matériel”. Le corps illumine, le corps est lumière. Lors de répétitions à la Comédie-Française où j’ai mis en
    scène L’Espace furieux en 2006, une actrice à qui je donnais des indications, m’a dit&nbsp;: “Tu me dis que je marche sur un lac gelé, que je suis comme une femme juive à la synagogue qui vient
    insulter Dieu parce qu’un malheur est arrivé… mais qu’est ce que c’est que ces histoires&nbsp;? Le théâtre c’est concret… c’est&nbsp;: où je pose mon regard, où je vais sur le plateau, comment je
    pose mes pieds…”. Moi qui ai beaucoup écrit sur la matérialité du langage, sur la “concrétude” du théâtre je ne peux que souscrire à ces paroles d’actrice. Il y a un toucher du texte que seuls
    les acteurs peuvent avoir et certains universitaires qui ont avancé l’hypothèse que Corneille et Molière ne seraient qu’un même et seul auteur se sont lourdement trompés car ils n’ont jamais joué
    ces auteurs, ils n’ont jamais touché les mots avec leur corps.
  </p>
  <p>
    <strong><em>Vos textes demandent aux acteurs une extrême virtuosité.</em></strong>
  </p>
  <p>
    C’est bien sûr voulu, car pour se souvenir de mes textes, ce qui demande un travail de mémoire énorme, l’acteur doit d’abord les comprendre. Il doit comprendre l’architecture de l’ensemble un peu
    comme si l’on visitait une église du IVe siècle construite d’abord sur un temple du IIIe siècle lui-même construit sur un temple plus ancien. Il y a une archéologie des textes qu’il faut
    connaître et comprendre. Lorsque je travaille avec des acteurs, il arrive souvent qu’ils en sachent plus que moi sur le texte car en l’apprenant ils l’ont découpé, construit et déconstruit.
  </p>
  <p>
    <strong><em>Vos pièces semblent contenir à la fois l’histoire des formes et celle des langues.</em></strong>
  </p>
  <p>
    Dans <em>L’Acte inconnu</em> il y a en effet quatre pièces dans la pièce, qui pourraient chacune porter un titre différent. J’aime l’idée que le théâtre se souvient du théâtre quand il s’écrit et
    se joue. Rien ne m’énerve plus que lorsqu’on me parle de “mon écriture” ou de “ma langue”, car j’ai une écriture polymorphe qui permet à chaque rôle, à chaque personnage de s’exprimer
    différemment. C’est comme si je peignais un tableau en utilisant successivement de l’acrylique, de la peinture à l’huile, des bombes pour taguer. Il y différentes températures d’écriture qui
    composent mon texte, il y a différentes “cuissons” et surtout je veux garder la gestualité du texte. C’est pour cela qu’il est établi définitivement très tard et qu’ensuite il n’est quasiment
    plus retouché. J’aime l’idée que selon une tradition des acteurs anglais, il y aurait la coutume de ne jamais répéter la dernière scène des pièces de Shakespeare que l’on va jouer qui doit donc
    surgir très vite au moment de la représentation. J’utilise aussi bien l’écriture enfantine que l’argot, je voyage dans le puits de la langue française qui est une langue dans laquelle on peut
    descendre et remonter assez facilement, contrairement à d’autres langues européennes.
  </p>
  <p>
    <strong><em>Tenez-vous compte du lieu des représentations lorsque vous écrivez&nbsp;?</em></strong>
  </p>
  <p>
    Le théâtre étant l’art du paradoxe, le dieu du théâtre étant Janus, la scène est toujours présente mais je ne peux pas dire que j’y pense en écrivant. C’est une contradiction de plus mais c’est
    la force même du théâtre d’être le lieu de l’accumulation des contradictions toutes mises ensemble, et nous en avons terriblement besoin aujourd’hui. Donc la phase d’écriture doit être le plus
    longtemps possible aveugle et en même temps elle ne peut s’inscrire que dans un espace qui est forcément présent, surtout dans le cadre de la Cour d’honneur. Il y a une phase nocturne d’écriture
    qui ne veut pas savoir où elle va et ce n’est qu’à la fin que l’architecture apparaît. C’est l’exact inverse de Racine qui organise tout alors que moi je préfère la gestation à la fabrication
    ordonnée.
  </p>
  <p>
    <strong><em>Vous avez dit que vous écriviez contre le metteur en scène alors que vous êtes aussi metteur en scène. Une contradiction de plus&nbsp;?</em></strong>
  </p>
  <p>
    Certainement… mais j’ai écrit cela à une période où je pensais être “expulsé” du théâtre après L’<em>Atelier volant</em>. J’ai donc écrit du théâtre contre le théâtre, du théâtre sans compter,
    sans penser à la représentation puisque je pensais ne plus jamais avoir de contact avec le plateau. Ensuite des morceaux de mes textes se sont retrouvés sur la scène et j’ai compris que tous mes
    textes, même les plus théoriques, réclamaient de l’incarnation et de la scène. Ils appellent tous la matérialité de la scène.
  </p>
  <p>
    <strong><em>Comment avez-vous franchi le pas vers la mise en scène&nbsp;?</em></strong>
  </p>
  <p>
    C’est en 1986 que j’ai écrit Le <em>Drame de la vie</em>, dans lequel apparaissent 2587 personnages. Comme je ne pouvais pas les mettre sur un plateau, je les ai dessinés. J’ai peint 2587 dessins
    dans une tour de La Rochelle et au même moment, Alain Crombecque, alors directeur du Festival d’Avignon, m’a proposé de présenter un de mes textes. J’ai donc cherché un metteur en scène qui
    pourrait prendre en charge mes 2587 personnages, on a fait des lectures avec différentes personnes mais toutes se sont récusées. À la fin de la dernière lecture, qui se soldait encore par un
    échec, la comédienne Laurence Mayor m’a poussé à faire la mise en scène en m’assurant que les acteurs m’aideraient. Ce fut une petite bataille d’Hernani à Avignon où les acteurs, dont j’étais,
    furent à la fois hués et ovationnés. J’ai entendu, venant du haut des gradins, cette phrase que je peux encore citer par coeur&nbsp;: “Ce n’est pas cette scatologie névrotique qui tirera le
    théâtre français de l’ornière” à quoi il fut répondu par un spectateur du premier rang qui nous soutenait&nbsp;: “retourne dans ta caravane”. J’ai pris goût au travail avec les acteurs et depuis
    je n’ai plus cessé de faire régulièrement des mises en scène.
  </p>
  <p>
    <strong><em>Le festival d’Avignon est-il un réel soutien&nbsp;?</em></strong>
  </p>
  <p>
    Sans le Festival d’Avignon, je n’aurais pas pu travailler et ce depuis vingt ans. Le système féodal qui structure le théâtre français ne m’a pas toujours manifesté un grand soutien, à quelques
    exceptions près. Je suis étranger aux échanges qui régulent la circulation des oeuvres dans ce théâtre-là car je n’ai rien comme monnaie d’échange. Je dépends donc de quelques soutiens personnels
    à Avignon, au Festival d’Automne où à France Culture. Avec Avignon, c’est vraiment un lien durable avec le public et j’ai un souvenir très fort de toutes les rencontres que j’ai faites avec des
    spectateurs, bien que je ne recherche pas particulièrement les débats publics, mais là ce sont des rencontres nourrissantes pour les artistes. Je suis très heureux aussi des possibilités de
    rencontre avec les enseignants qui viennent nombreux à Avignon. Au moment où la question de la langue est si importante pour l’avenir de l’humanité, il ne m’est pas indifférent de rencontrer ces
    professeurs de français qui sont en première ligne dans le nécessaire combat que nous menons.
  </p>
  <p>
    <strong><em>Depuis quelques années les huées ne font plus partie de votre quotidien puisqu’il y a une reconnaissance de votre travail. Croyez-vous, comme le dit Oscar Wilde que “l’artiste est
    souvent celui qui donne des réponses à des questions qui ne se posent pas encore”&nbsp;?</em></strong>
  </p>
  <p>
    C’est une très belle phrase qui me convient tout à fait. Il y a maintenant un public très divers qui assiste à mes spectacles, un public pas du tout homogène. C’est la beauté même du théâtre de
    réunir ainsi des individus qui vont réagir différemment. Certains rient, d’autres pleurent, ce qui prouve que le public n’est pas un troupeau que l’on mène à la baguette. Chaque spectateur est
    touché par des flèches individuelles même dans un espace comme la Cour d’honneur. Il y a un mélange humain, mélange d’âges, de professions, de nationalités. Mais ce public n’a pas été conquis dès
    mes premiers textes sans doute parce que les enjeux de langage n’étaient pas aussi bien perçus qu’à présent, où nous sommes tous devenus des jouets du langage. Même si mes textes ne sont pas
    essentiellement et originellement politiques, ils ont été rattrapés par la politique. On peut aujourd’hui envoyer un avion pour bombarder des populations parce que le mot “génocide” a été
    prononcé, retenu par les politiques. Ce n’est pas la réalité des massacres mais la catégorie dans laquelle on va les installer qui provoquera ou non une réponse. Dans <em>L’Atelier volant</em>
    j’avais imaginé une action historique du langage, qui, par basculement, produisait seul de l’histoire. C’est une pensée terrifiante, mais qui pourrait résumer la plupart de mes textes autour
    d’une formule&nbsp;: “Attention au langage”, attention danger, allumez les clignotants rouges. Il y a un double mouvement puisque le langage nous met dans une position de jouets et qu’en même
    temps il nous libère, nous délivre parce qu’il permet de ne pas se battre tout de suite en cas de conflit. Tant que l’on peut traiter les problèmes avec le langage ou avec l’argent, qui est aussi
    un langage, on peut éviter le combat et il vaut donc mieux en rester au stade du conflit de langue.
  </p>
  <p>
    <strong><em>Vous insistez beaucoup sur l’appauvrissement de notre langue, sur son oubli du passé, sur sa négation des dialectes. Croyez-vous qu’il y a une accélération du
    danger&nbsp;?</em></strong>
  </p>
  <p>
    Je suis né en Savoie qui est une région où plusieurs langues sont en contact. On parle italien, allemand, français, patois. Il y a une pluralité linguistique qui est une richesse. Le danger pour
    la langue est non seulement de perdre ses origines mais aussi de perdre ses sons et ses couleurs.
  </p>
  <p>
    <strong><em>Établissez-vous une différence entre la langue et la parole&nbsp;?</em></strong>
  </p>
  <p>
    La distinction que je ferais serait plutôt entre les mots et la parole, ce qui est possible en français où nous avons deux mots différents. En allemand c’est le même mot qui s’emploie pour les
    deux sens. En utilisant une formule un peu facile on pourrait dire que nous sommes prisonniers des mots et délivrés par la parole. Les mots nous donnent l’impression fausse qu’ils peuvent
    circonscrire et tenir les concepts isolés, la parole est une mise en mouvement du langage respiré qui libère. L’acteur vient au théâtre pour brûler, pour éclairer, pour respirer le texte par le
    “soleil respiratoire”, par la lumière de son corps. C’est la phrase qui est importante au théâtre, pas le mot. La respiration est d’ailleurs une sorte d’expérience de la mort, puisqu’au moment de
    mourir on ne peut pas faire l’expérience de la mort, elle nous échappe. De la même façon l’acteur ou le lecteur ressuscitent le livre à chaque fois qu’ils l’ouvrent, le disent, ou le lisent. Mon
    théâtre peut énerver, mais j’espère que jamais il n’ennuie ou ne déprime puisqu’il est l’expression d’un renouveau permanent.
  </p>
  <p>
    <strong><em>Gardez-vous toujours les chutes de texte que vous n’utilisez pas lors du montage final de vos écrits avant impression&nbsp;?</em></strong>
  </p>
  <p>
    Pas toujours mais très souvent. Un peu comme des branches mortes qui peuvent renaître. Beaucoup de mes textes ont pour origine des copeaux tombés de l’établi, des moments que je trouvais ratés.
  </p>
  <p>
    <strong><em>Vous avez une grande admiration pour le mythe de Pinocchio que vous considérez comme plus intéressant que celui de Faust. Pourquoi&nbsp;?</em></strong> Sans doute parce que nous
    sommes tous des êtres de bois et de chair. Nous pouvons être en bois un long moment dans la vie, nous pouvons hésiter à devenir une matière vivante.
  </p>
  <p>
    <strong><em>Les acteurs sont-ils des marionnettes&nbsp;?</em></strong>
  </p>
  <p>
    Si on étudie Diderot, Brecht, Jouvet, Louis de Funès lorsqu’ils expriment leur théorie sur le jeu de l’acteur, on trouve l’idée que l’acteur se retire au moment de jouer, qu’il est un masque nu
    et non pas qu’il s’extériorise. C’est un mouvement dialectique très curieux à observer. Ce qui est certain c’est que l’acteur “sort” de l’homme quand il joue.
  </p>
  <p>
    <strong><em>Votre travail de peintre est-il séparé de votre travail d’écrivain&nbsp;?</em></strong> Ces activités se croisent au moment où je crée un spectacle. Sinon elles sont séparées tout en
    se nourrissant l’une l’autre. Mon activité de peintre et de dessinateur a beaucoup changé ma façon d’écrire, ma manière (un mot qui vient de main…). Je veux toucher le langage. La peinture que
    j’utilise comme décor doit agir sur le public, donner une énergie. C’est un peu comme un dépôt de langage au sol.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <strong>Propos recueillis par Jean-François Perrier en février 2007</strong>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Mon, 17 Dec 2007 08:01:00 +0100</pubDate>        <guid >http://choosepeace.over-blog.com/article-14672050.html</guid>
                <category>Arts et Théâtre</category>        <comments>http://choosepeace.over-blog.com/article-14672050-6.html#c</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Non à une telle Europe !]]></title>
        <link>http://choosepeace.over-blog.com/article-14595468.html</link>        <description><![CDATA[<p style="margin-bottom: 0cm;">
    <br>
    <br>
    Je suis un fervent pro-Européen. J'ai déjà donné des conférences sur le thème de l'Europe : une à Annecy, dans une auberge de jeunesse, en anglais, devant des jeunes qui venaient de nombreux pays
    du «&nbsp;vieux continent&nbsp;» ; une autre en Pologne, en français (avec une traductrice au ton monocorde qui cassait tous mes effets de voix...) ; une dernière enfin lors du Forum Social
    Européen de Saint-Denis. Ces trois événements ont tous eu lieu entre 2003 et 2004. A chaque fois, je militais pour ce projet, porteur de paix et de rencontres. J'ai voté «&nbsp;oui&nbsp;» au
    traité instituant une constitution pour l'Europe.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Néanmoins, je suis contre le passage en force qu'effectue Nicolas Sarkozy. Je sais que ce dernier avait promis ce qu'il est en train de faire. Je ne peux donc pas lui reprocher d'appliquer ses
    promesses. Je trouve cependant, qu'en procédant ainsi, on ne comble pas le fossé qui comble les élites politiques européennes et le peuple. Je sais que, parfois, les hommes politiques doivent
    avoir le courage d'aller contre leur opinion. François Mitterrand l'a fait sur la peine de mort.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Il reste un point de méthode, et il est primordial. Nicolas Sarkozy, sur l'Europe, fait comme Jacques Chirac ou Lionel Jospin : il ne se préoccupe pas de faire oeuvre de pédagogie sur ce point.
    Où sont les vraies initiatives que l'actuel président a proposé en ce domaine ? Qu'en est-il de l'Europe des projets, celle qu'il faut promouvoir comme le disait avec raison Hubert Védrine, dans
    son ouvrage, «&nbsp;Continuer l'Histoire&nbsp;», que j'ai commenté sur ce blog ?
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Si seulement c'était le seul point où la diplomatie sarkozyste était sans ampleur, mais force est de constater que sur la Chine, la Russie (il est le seul président occidental à avoir félicité
    Poutine pour son succès aux législatives), le Proche-Orient (absence de pression sur Israël ou sur les Palestiniens pour parvenir à un accord de paix, reconnaissance du travail effectué par les
    Américains par Bernard Kouchner), la politique africaine, la Libye, etc. on est loin du compte. «&nbsp;Le Prince&nbsp;» comme livre de chevet de Nicolas Sarkozy ? Angela Merkel, comme le disait
    justement François Hollande, pratique une diplomatie beaucoup plus juste.
  </p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 14 Dec 2007 05:53:00 +0100</pubDate>        <guid >http://choosepeace.over-blog.com/article-14595468.html</guid>
                <category>choosepeace</category>        <comments>http://choosepeace.over-blog.com/article-14595468-6.html#c</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[« Viré Vira »]]></title>
        <link>http://choosepeace.over-blog.com/article-14575420.html</link>        <description><![CDATA[<p style="margin-bottom: 0cm;">
    <br>
    <br>
    Il existe un outil, sur Google, que j'emploie de temps en temps. Il s'agit de l'onglet «&nbsp;Actualités&nbsp;». Le moteur de recherches a une base de cinq cents journaux. Il suffit de taper le
    sujet que l'on souhaite sur la case «&nbsp;recherche&nbsp;» pour obtenir les dernières nouvelles sur le sujet. C'est ainsi que je viens d'inscrire «&nbsp;Saint-André&nbsp;» dans ma recherche.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    En effet, avant-hier soir, dans cette ville de l'Est de la Réunion, une cinquantaine de jeunes ont mis le feu au centre-ville. Ils sont intervenus à coup de barres de fer ou de cocktails molotov.
    Les violences auraient pu occasionner un ou plusieurs morts, par leur violence. Evidemment, les journaux de métropole n'en ont rien dit. Il faut donc qu'il y ait des personnes qui décèdent pour
    que l'on prenne au sérieux cette flambée de violence. Pourtant, il y aurait beaucoup à dire sur ces événements.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Pour que le lecteur de ce blog en sache un peu plus, je l'invite à prendre connaissance des articles suivants. Les deux premiers sont issus du «&nbsp;Journal de l'Ile de la Réunion&nbsp;». Il
    s'agit du deuxième quotidien de l'île par son tirage. Il est à la fois populiste par sa gestion des faits-divers, par son traitement de l'actualité, mais également bayrouiste et ce n'est pas un
    secret puisque le rédacteur-en-chef avait dit la sympathie qu'il avait pour l'homme du Modem lors des élections. En bref, le grand-écart.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    http://www.clicanoo.com/index.php?id_article=171228&amp;page=article
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    http://www.clicanoo.com/index.php?page=article&amp;id_article=171356
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    &nbsp;
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    Les trois articles qui suivent proviennent de «&nbsp;Témoignages&nbsp;», le journal du Parti Communiste Réunionnais dans lequel j'ai travaillé six mois.
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  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <a href="http://www.temoignages.re/article.php3?id_article=26627">http://www.temoignages.re/article.php3?id_article=26627</a>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <a href="http://www.temoignages.re/article.php3?id_article=26624">http://www.temoignages.re/article.php3?id_article=26624</a>
  </p>
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    <a href="http://www.temoignages.re/article.php3?id_article=26628">http://www.temoignages.re/article.php3?id_article=26628</a>
  </p>
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    &nbsp;
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    Pour info, le titre de l'article est une reprise d'un sega réunionnais.
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 13 Dec 2007 11:11:00 +0100</pubDate>        <guid >http://choosepeace.over-blog.com/article-14575420.html</guid>
                <category>Espace Océan Indien</category>        <comments>http://choosepeace.over-blog.com/article-14575420-6.html#c</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Etre un]]></title>
        <link>http://choosepeace.over-blog.com/article-14549224.html</link>        <description><![CDATA[<p style="margin-bottom: 0cm;">
    <br>
    Une vision où régulièrement s'invitait des sortes de «&nbsp;mouches&nbsp;», parfois des maux de tête et puis, tout d'un coup, de violentes douleurs aux yeux. Il n'en fallait pas plus pour aller
    chez l'ophtalmologiste. C'était il y a quelques semaines. Ce dernier a constaté que ce n'était rien, hormis une grande fatigue des muscles oculaires. Il m'a donc prescrit une douzaine de séances
    chez un orthoptiste. Il m'a recommandé de me rendre chez le docteur AW. J'ai suivi ses conseils et je ne m'en plains pas.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    En effet, ce dernier a tout d'abord cherché à me connaître, avant de commencer à me prodiguer ses soins. Immédiatement, il a remarqué que j'étais fatigué – un état dû, entre autres, à la
    faiblesse des muscles des yeux – et stressé. Il a alors entrepris de travailler sur mes énergies. Il m'a enseigné des exercices de relaxation.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Au-delà de cette vision étroite du bien être, il m'a recommandé de ne faire qu'un avec les événements que je pouvais vivre. En bon pédagogue, il a usé de quelques images pour me convaincre. Par
    exemple, il m'a dit : «&nbsp;Lorsque vous êtes dans la rue, vous ne serrez pas la main à tous les gens que vous croisez, eh bien faites de même avec vos pensées, ne les prenez pas toutes&nbsp;».
    Il a aussi insisté sur ce fait : «&nbsp;Lorsque vous regardez un lever de soleil, soyez un avec ce moment et n'essayez pas constamment de réfléchir à ce que vous observez&nbsp;».
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Je n'ai pu m'empêcher de constater qu'entre ce qu'il prodiguait comme soins aux yeux et à l'âme, il existait une correspondance directe. Mes yeux devaient s'appliquer à constamment regarder le
    point rouge que le docteur me faisait observer. Ils ne devaient pas dévier. Ses recommandations étaient sensiblement les mêmes pour mes pensées. Elles devaient toujours éviter de se disperser, ce
    qui, pour moi, est une sorte de gageure.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Je dois dire que j'ai beaucoup apprécié ces séances. Je ne sais si, comme me l'a indiqué le docteur, je pratiquerais souvent de tels exercices spirituels. En me citant Chögyam Trungpa, un maître
    tibétain, il a souligné que le problème en Occident, résidait souvent dans l'accroissement du savoir et non dans le travail sur soi. C'est partiellement vrai. Je lis actuellement une biographie
    de Calvin qui montre que ce dernier disait exactement la même chose. Dans les faits, il n'en demeure pas moins que les livres les plus vendus par internet sont ceux sur le bien-être et le
    développement de soi. Cela pourrait démontrer un Occident stressé, fatigué, qui s'oublie dans le travail tout en cherchant, dans ses heures de loisir (et c'est un point important, que de reléguer
    ce qui est perçu ailleurs comme l'essentiel, dans ses loisirs), à comprendre «&nbsp;à quoi ça sert tout ça&nbsp;» comme le disait Maxime Le Forestier dans une jolie chanson.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Au cours des séances, le docteur m'a expliqué sa posture de vie. Tout d'abord, il y a la discipline. C'est le seul praticien médical que je connaisse qui, en dix séances, ne m'est jamais pris en
    retard ! Après avoir obtenu ce respect réciproque dans la politesse et dans la ponctualité, il essaie d'être bon avec le patient. Enfin, par-delà bien et mal, il m'a dit vouloir travailler sur
    les énergies. Il s'agit-là m'a-t-il dit de l'application de la philosophie du «&nbsp;Petit Véhicule&nbsp;», du «&nbsp;Grand Véhicule&nbsp;» et du Vajrayana. Evidemment, il m'a conseillé
    «&nbsp;Pratique de la voie tibétaine&nbsp;» de Chögyam Trungpa, pour m'introduire à cette réflexion, de façon plus poussée...
  </p>]]></description>
        <pubDate>Wed, 12 Dec 2007 07:45:00 +0100</pubDate>        <guid >http://choosepeace.over-blog.com/article-14549224.html</guid>
                        <comments>http://choosepeace.over-blog.com/article-14549224-6.html#c</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Le Cross-booking ? Oui, mais pas n'importe comment !]]></title>
        <link>http://choosepeace.over-blog.com/article-14523915.html</link>        <description><![CDATA[<p style="margin-bottom: 0cm;">
    <br>
    <br>
    Samedi, j'ai effectué quelques achats de Noël avec ma compagne. Comme elle sait que je n'apprécie pas beaucoup ces sorties, elle n'a rien eu à redire à ce que nous passions un petit moment, dans
    une librairie. Je me trouve donc dans cette antre des livres. Je furête, je lambine et puis, je tombe sur un ouvrage déjà emballé. J'en déduis donc qu'il a déjà été acheté. Je me dis donc que
    c'est la première fois que je suis témoin d'un «&nbsp;cross-booking&nbsp;». Cette pratique, originaire des Etats-Unis, consiste à déposer des ouvrages que l'on a appréciés, dans des lieux
    publics. On les offre donc sans savoir l'identité du destinataire. Evidemment, il faut, lorsqu'il s'agit d'une librairie, les mettre dans un paquet cadeau, afin que celui qui le prenne, ne pense
    pas avoir de souci avec le code barre, en sortant. L'idée, c'est aussi de laisser les ouvrages dans des lieux plus «&nbsp;ouverts&nbsp;», que ce soit les bars, les restaurants, les trains (à la
    Réunion, le tram-train... en 2018 !).
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Je regarde alors le paquet cadeau. Chic, il laisse transparaître le titre de l'ouvrage. Et là, toute ma joie décline en un instant. Il s'agit de « Le pouvoir et la vie", ouvrage de Valéry Giscard
    d'Estaing ! Ô rage, ô désespoir, ô destin ennemi ! Cela aurait été «&nbsp;La Paille et le Grain&nbsp;» ou «&nbsp;Mémoires de guerre&nbsp;», j'aurais pris. Mais un livre de «&nbsp;L'Ex&nbsp;», non
    merci.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Cela me rappelle le temps très court durant lequel, avec mon frère, nous nous offrions les livres les plus ennuyeux qui existent. Nous nous rendions séparément dans des brocantes ou autres
    bourses aux livres où nous trouvions des essais indigestes, à un franc. Très vite, et heureusement, nous nous sommes lassés. Sinon, j'aurais eu un cadeau tout trouvé...
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 11 Dec 2007 07:33:00 +0100</pubDate>        <guid >http://choosepeace.over-blog.com/article-14523915.html</guid>
                <category>L'arrêt public des livres</category>        <comments>http://choosepeace.over-blog.com/article-14523915-6.html#c</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[J'en suis resté baba]]></title>
        <link>http://choosepeace.over-blog.com/article-14330882.html</link>        <description><![CDATA[Je me rappelle très bien de la dernière fête de la musique à Saint-Denis de la Réunion. J'avais l'impression d'être une star ce soir-là. C'est bien la première fois que cela m'arrivait. Pourquoi ?
  Je portais ma fille d'un peu moins de deux mois dans une écharpe. Eh oui, J. ma compagne, avait eu l'excellente idée d'investir dans ce porte-bébé de plus de cinq mètres de long. Bien sûr, il a
  fallu que je «&nbsp;prenne le coup&nbsp;» de bien enfiler mon écharpe comme il faut. Evidemment, ce n'est pas toujours agréable de le porter sur sa poitrine jusqu'à neuf mois, d'autant plus que, à
  un peu plus de six mois, notre fille pèse déjà plus de sept kilos (poids normal pour son âge, j'en conviens). Et puis l'été arrive et on transpire vite.
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    Mais enfin, qu'est-ce que c'est pratique ! Surtout à la Réunion où, vu la multitude de terrains accidentés, les poussettes ne sont pas à la fête. Et puis, très vite, l'enfant trouve le sommeil.
    En plus, il paraît que c'est bon pour son dos et son équilibre tout en le rassurant (ah, les battements réguliers du «&nbsp;tambour&nbsp;» maternel, ça rappelle le paradis perdu, la symbiose
    parfaite du temps d'avant l'expulsion...). Enfin, en tant que parent, on éprouve du bonheur à porter son «&nbsp;petit d'homme&nbsp;» contre soi. Et pourquoi s'en priver ?<br>
    <br>
    A la Réunion, on trouve une telle écharpe chez Baba couche !
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Qui dit bébé, dit dépendance. Et cette dépendance s'affirme aussi dans la gestion de ses déchets ! Là aussi, baba couche propose un produit miracle, j'ai nommé les couches lavables ! Certes, la
    publicité faite sur le site est un brin mensongère. En effet, il est indiqué que les couches lavables reviennent à 360 euros. Or, il faut quand même ajouter à cela le papier toilette pour
    nettoyer quand l'enfant s'est délesté, l'eau pour la machine à laver et l'électricité pour la faire tourner. En outre, pour les week-ends ou en certaines occasions, il peut être pratique d'avoir
    une ou deux couches jetables. Donc le différentiel de prix avec ce qui est indiqué n'est plus aussi grand. Cependant, je chicane ici. Sur le fond, le fait est que les économies d'argent sont
    substantielles. Quant au point de vue écologique, c'est tout ça de couches jetées en moins. Or, celles-ci sont bourrées de produits chimiques. Certes, grâce à mes beaux-parents, je sais désormais
    qu'il existe des couches bios qui utilisent le moins possible de tels produits. Néanmoins, même bio, c'est toujours des couches qui seront jetées dans des décharges qu'elles encombreront encore
    plus et où elles mettront des décennies avant de revenir à l'état naturel.
  </p>
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    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Il existe aussi le porte-bébé chinois. Je ne peux rien en dire. Je ne l'ai pas testé. Je peux juste vous recommander de vous rendre sur le site www.babacouche.com. Là, entrez en contact avec
    Isabelle Le Bec, qui s'occupe de cette entreprise. Elle a un très bon contact tout en faisant mieux comprendre pourquoi son site s'appelle ainsi.
  </p>
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    &nbsp;
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    Une petite remarque. L'article de la journaliste du «&nbsp;Journal de l'Ile de la Réunion&nbsp;» est un superbe «&nbsp;copier-coller&nbsp;» du site de baba couche. En outre, il est par trop
    sexiste. Un bébé est donc éduqué par la mère ? Si l'on s'amusait à relever le mot père, dans ces quelques lignes, on ne le trouverait pas...
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 06 Dec 2007 04:30:00 +0100</pubDate>        <guid >http://choosepeace.over-blog.com/article-14330882.html</guid>
                        <comments>http://choosepeace.over-blog.com/article-14330882-6.html#c</comments>                    </item>
  
 </channel>
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